Thérapie non médicamenteuse en France : guide 2021

Qu’est-ce qui différencie une thérapie médicamenteuse d’une thérapie non médicamenteuse ? Doit-on en attendre les mêmes effets ? Voici quelques données sur le recours et l’intérêt de la prescription des thérapies non médicamenteuses en France.

Qu’est-ce qu’une thérapie non médicamenteuse ?

Une thérapie ou intervention non médicamenteuse a les caractéristiques suivantes :

  • elle a une action sur la santé ;
  • elle est non invasive ;
  • elle est non pharmacologique ;
  • elle est fondée sur la science.

Ce sont en tout cas les caractéristiques énoncés par la Plateforme universitaire Collaborative d’Évaluation des programmes de Prévention et de Soins de support.

L’HAS catégorise ainsi les thérapies non médicamenteuses :

  • les règles hygiéno-diététiques :
    • régimes diététiques ;
    • activité physique et sportive ;
    • modification des comportements alimentaires ;
    • règles d’hygiène ;
  • les traitements psychologiques :
    • thérapies d’inspiration analytique ;
    • thérapies cognitivo-comportementales ;
  • les thérapeutiques physiques : la rééducation (kinésithérapie, ergothérapie, psychomotricité, etc.).

D’autres institutions rajoutent certaines catégories, comme les interventions numériques en santé (utilisation d’objets connectés, thérapie par la réalité virtuelle, etc.).

Quels sont les bénéfices de ce type de thérapie ?

Il est très difficile de définir un bénéfice général. Certaines de ces interventions non médicamenteuses ont une visée préventive, d’autres curatives. Elles peuvent être utilisées notamment pour :

  • améliorer la qualité de vie d’une personne et de son entourage ;
  • prévenir l’apparition de maladies ;
  • diminuer les symptômes d’une maladie ;
  • augmenter la durée de vie ;
  • guérir une maladie ;
  • potentialiser les effets d’un traitement médicamenteux.

Idéalement, elles doivent faire la preuve de leur efficacité et de leur innocuité. Puisqu’elles visent à agir sur la santé, il n’y a pas de raisons que leur évaluation ne se fonde pas sur les principes de l’evidence-based medicine.

En France, 78 à 90 % des consultations médicales donnent lieu à la prescription d’au moins un médicament (chiffres des années 2000). Ce pourcentage est important par rapport aux pratiques d’autres pays. Par exemple, aux Pays-Bas, il est de 43 %.

C’est sur le base de ce constat et du faible recours aux thérapeutiques non médicamenteuses que des institutions comme la Haute autorité de santé (HAS) ont émis des rapports sur la prescription des thérapies non médicamenteuses.

Dans quel contexte recourir aux thérapies non médicamenteuses ?

Le recours aux thérapies non médicamenteuses est plébiscitée particulièrement dans le cas des maladies chroniques. En voici 3 illustrations.

Risques cardio-vasculaires

Les recommandations concernant la prise en charge de ces pathologies incluent la prescription de thérapie non médicamenteuse : activité physique, arrêt du tabac, modification du comportement alimentaire, etc.

Insomnie

Les thérapies non médicamenteuses devraient également être systématiquement prescrites dans le cadre de la prise en charge de l’insomnie. Elles incluent notamment des modifications des comportements : adopter des horaires réguliers de sommeil, limitation du bruit et de la lumière aux heures de couché, etc.

Pathologies touchant les personnes âgées

Les thérapies non médicamenteuses ciblent souvent des personnes âgées vivant en EHPAD ou en résidence sénior, ou touchées par la maladie d’Alzheimer. Voici quelques exemples d’intervention dans ces contextes :

  • jardin thérapeutique ;
  • concept snoezelen ;
  • art thérapie.

Toutes ne font pas cependant l’objet d’évaluation empirique rigoureuse.

Les freins à la prescription de thérapies non médicamenteuses

L’HAS a mis en évidence plusieurs freins à la prescription médicale de thérapies non médicamenteuses :

  • le rôle symbolique de la prescription d’un médicament par les patients consultant leur médecin ;
  • l’impact des représentations symboliques sur les prescriptions des médecins ;
  • l’organisation du système de santé incitant peu à la prescription de thérapies non médicamenteuses ;
  • les limites de l’information disponible sur la balance bénéfice/risque des thérapies non médicamenteuses ;
  • l’inégalité d’accès sur le territoire aux thérapies non médicamenteuses.

 

Sources principales

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